Equideos - L'alimentation des chevaux à problèmes respiratoires
Retour au box ! arrow Connaissance du Cheval arrow L'alimentation des chevaux à problèmes respiratoires 07-09-2008
 
     
 
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L'alimentation des chevaux à problèmes respiratoires Version imprimable Suggérer par mail

Le cheval est un herbivore. Normalement, il ne manque de de l'herbe, ce qui fait qu'à l'état naturel, il ne doit pas avoir de problème respiratoire.

La domestication a obligé l'homme à donner aux chevaux d'autres sources de fourrage telles que le foin qui peut représenter un danger pour les voies respiratoires de nos chevaux.

Il faudra donc dans un premier temps prendre toutes les précautions utiles pour l'alimentation des chevaux pour prévenir tous problèmes respiratoires. Dans un second temps, il faudra essayer de soulager au maximum les chevaux atteints.

La prévention

L'observation des chevaux

La première de toute est l'observation. Les problèmes respiratoires débutent la plupart du temps par une petite toux passée inaperçue.

Une toux peut dénoter une hypersensibilité à un mauvais foin. Il faut alors immédiatement arrêter de distribuer ce foin sans quoi les problèmes perdurent et risquent de s'aggraver.

L'analyse du foin

Le foin est le fourrage le plus courant et c'est normal parce qu'il est bien valorisé par les chevaux en général. Chaque animal devrait en consommer environ 1% de son poids vif. En outre, il est adapté au système digestif du cheval et permet un bon fonctionnement de la digestion.

Sa distribution à volonté n'est pas contre-indiquée et est même, souvent, une bonne solution. Cependant, il faut faire très attention à sa qualité.

Ses qualités visuelles sont son odeur, sa couleur, sa texture et son taux de poussière. Le bon foin est vert foncé à vert clair, a une odeur fraîche, une texture souple et n'a pas ou peu de poussière. Le mauvais foin, quant à lui, est brun ou blanc, sans odeur ou pire, avec une odeur de moisi, une texture rigide et contient beaucoup de poussière. En tout état de cause, le foin NE DOIT JAMAIS être pourri ou poussiéreux.

La poussière, dans le foin, est causée par le fait qu'il a été pressé trop humide. Il a donc chauffé lors de l'entreposage.

Le foin de graminées sèche mieux que celui de légumineuses, mais il est fibreux et donc moins digeste. Lorsqu'il est coupé jeune, il conserve de meilleures qualités nutritives.

Les balles rondes sont (souvent) pressées plus serrées que les bottes rectangulaires. S'il est encore humide, le foin chauffera plus facilement, créant plus de poussière.

Le cheval d'intérieur doit, dans tous les cas recevoir un foin exempt de poussière et de moisissures, sans quoi il y a un risque de maladies respiratoires irréparables.

Le foin de luzerne est souvent riche en vomitoxine qui risque de causer des problèmes respiratoires.

La distibution du foin

Avoir acheté un lot du meilleur foin ne met pas à l'abris d'avoir quelques balles un peu poussiéreuses dans le lot. Le foin moisi sera immédiatement jeté et ne devra surtout pas être distribué. Le foin légèrement poussiéreux sera donné aux chevaux qui mangent dehors. Les poussières partiront la plupart du temps au gré du vent.

La nourriture devra être donnée au sol. En effet, le cheval produit des sécrétions nasales qui vont filtrer les particules respirées. Lorsqu'il a la tête en bas, les sécrétions nasales nasale descendent et filtrent l'air inspiré. Si le cheval garde la tête relevée, les sécrétions nasales sont refoulées vers l'arrière et jouent mal leur rôle filtrant. Il faudra donc éviter les filets à foin et les rateliers.

La litière

Bien que ne faisant pas partie intégrante de l'alimentation, elle reste une source de poussières et de gaz nocifs.

Les premières précautions consistent à nettoyer les boxes lorsque les chevaux sont au paddock et à bien ventiler avant de les rentrer.

La poussière devient gênante pour le cheval lorsque les particules sont d'une taille inférieure à 1 milimètre. Dans ce contexte, il faut éviter les litières de ripe de bois mou, de bran de scie, de chanvre et de mousse de tourbe, la paille ou le papier journal étant les moins poussiéreuses.

Il faut quand même faire attention, parce que toutes les litières contiennent des particules organiques (champignons), des bactéries et des actynomycètes qui, en trop grandes quantités peuvent être néfastes aux voies respiratoires du cheval.

Un autre point important concernant les litières est la manière dont elles absorbent l'ammoniac. L'ammoniac est un produit de la dégradation des protéines de l'alimentation. Lorsque l'alimentation est trop riche en protéines, les taux d'ammoniac et d'azote augmentent. Un trop grande concentration d'ammoniac peut être à l'origine d'une obstruction pulmonaire chronique ou d'une pneumonie du poulain. La paille est très peu absorbante et il ne faut pas l'oublier en saison froide, lorsque les écuries sont moins ventilées.

Améliorer les conditions d'un cheval atteint

Dans un premier, lorsque le diagnostic est posé, il faut immédiatement appliquer l'ensemble des précautions que l'on vient de résumer ci-dessus. On peut, en plus, mettre en place les procédures suivantes.

Mouiller le foin

C'est une pratique habituelle pour les chevaux ayant des problèmes respiratoires, mais on peut se poser des questions sur les incidences sur la valeur nutritive du foin ainsi traité.

Il faut savoir que 90% des poussières sont éliminées au bout de 30 minutes de trempage. Il est donc inutile de laisser votre foin dans l'eau pendant des heures.

Les pertes nutritives dépendent essentiellement du foin et du temps de trempage. Le foin de graminée va perdre essentiellement des sucres et des minéraux, laissant beaucoup de fibres peu digestibles.

L'idéal est de faire analyser le foin trempé et d'ajuster la distribution en fonction du résultat.

L'ensilage d'herbe

De par son principe de production, il ne contient pas de poussière. En l'absence d'oxygène, l'herbe va fermenter, créant un milieu acide lui permetttant de se conserver comme dans du vinaigre.

Une fois exposé à l'air, l'ensilage devra être distribué dans les deux jours qui suivent, sans quoi il va chauffer, se détériorer et ne plus pouvoir être servi.

Il existe différentes sortes d'ensilage, mais les balles enveloppées sont les plus répandues. Leur valeur nutritive est équivalente à celle du foin. Cependant, s'il est trop humide, les chevaux en consommeront moins et les risques de botulimes sont augmentés.

La qualité de l'ensilage doit être exemplaire au risque de créer des coliques et d'augmenter les cas de botulisme. La moindre odeur d'ammoniac sera témoin de la mauvaise qualité du lot ou de la balle.

A condition de prendres certaines précautions, l'ensilage sera un bon compromis :

  • Favoriser les graminées car les légumineuses ont un pH trop élevé
  • Ne pas ensiler avec du fumier non décomposé, de la terre, des cadavres...
  • Ne pas faucher trop court pour éviter la terre
  • Ensiler immédiatement après la récolte en plastifiant bien les balles
  • Entroposer à l'abris et vérifier régulièrement le plastique des balles, les oedeurs suspectes, les moisissures...

Le fourrage comprimé et les autres substituts de foin commerciaux

Il s'agit de foin haché et comprimé dont la digestibilité est similaire au foin. Les substitus commerciaux contiennent en plus de la pulpe de betteravec, du riz, des minéraux et des oligo-éléments. Ces aliments sont la plupart de bonne qualité et donc favorables aux chevaux ayant des problèmes respiratoires.

Malgré tout, la nourriture devra être donné au sol pour limiter les risques d'étouffement des chevaux goulus. Il faudra par ailleurs faire attention à l'ennui car ce type d'aliment est ingéré très rapidement, donnant tout le loisir au cheval pour s'ennuyer.

Le pâturage

Il permet d'éliminer tous les problèmes respiratoires liés à la poussière du foin. De plus, le cheval broute entre 60 et 80% du temps, ce qui est très bon pour :

  • la qualité des sabots, des os et ses voies respiratoires
  • le contact avec les autres chevaux
  • l'ennui et les tics d'écurie
  • la mastication qui permet une usure régulière de la table dentaire

Une bonne gestion des pâturages comprend :

  • l'absence d'objets dangereux, de trous
  • une bonne clôture
  • une bonne qualité de pâturage et l'élimination des plantes toxiques
  • de l'eau à volonté et un abris à disposition
  • un programme de vermifugation adaptée

Il faut retirer les chevaux avant que l'herbe ait moins de 5 cm de hauteur afin de laisser aux plantes le minimum vital qui leur permettra de mieux repousser. Une rotation rapide des parcelle permettra un broutage uniforme et là aussi une meilleure repousse.

Au printemps, l'herbe pousse plus vite qu'elle n'est consommée par les chevaux (dieu merci). Il faudra donc faucher les parcelle dont l'herbe aura plus de 25 cm pour en faire du foin ou de l'ensilage. En même, temps, il faudra réduire les concentrés pour réduire les risques liés à la suralimentation.

Une pâture mal gérée augmente les risques de fourbure dûes aux hydrates de carbonne non structuraux. Il faudra en outre privilégier les compléments riches en matière grasse et en fibres digestibles au détriment de ceux riches en sucre et en amidon.

L'adaptation au nouveau régime alimentaire devra être progressive pour laisser le temps à la flore intestinale de s'habituer. Un graduation sur une 15ne de jours devrait suffir. Au printemps, il faudra prévoir de brèves sorties au paddock APRES la distribution de foin.

Les chevaux sont adaptés à la plupart des plantes fourragères. Cependant, les légumineuses contiennent trop de protéines et sont, en plus, fragiles au piétinnement. Par conséquent, il faudra prendre soin de les mélanger avec des graminées. Le sorgho et l'herbe du soudan peuvnt devenir toxique dans certaines condition et il est plus prudent de les éviter.

Garder les chevaux atteints dehors

Même pendant la saison froide, il est possible de garder les chevaux dehors si le pré dispose d'un abris. Leur épaisse fourrure de poil les protègera mieux des rudesses de l'hiver qu'un couverture, mais il faut bien sûr éviter de les faire travailler et transpirer.

L'eau devra toutjours être à  disposition en permanence et même pendant les gelées, la neigne ne suffisant pas à abreuver les chevaux.

Au plus la température chute, au plus les chevaux utilisent de l'énergie pour leur fonction vitale et ils augmentent d'autant leur consommaltion alimentaire. Il faudra donc soigneusement complémenter en fourrage (àvolonté) et donner des concentrés proportionnellement au fourrage. Il faut régulièrement vérifier l'état de chaire par des palpations car, de visu, la fourrure peut cacher un maigreur.

Les chevaux mal nourris ou mal abrités cont maigrir, faiblir et finir par présenter des problèmes de santé important.

En conclusion, il est possible de pévenir les problèmes respiratoires du cheval essentiellement pas l'observation qui permettra de déceler le moindre signe précurseur.

Lorsque le problème est installé, un important panel de chose permettra d'améliorer la situation de nos chevaux, malgré leur statut d'animal domestique.

Dernière mise à jour : ( 19-10-2004 )
 
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