Equideos - Une journée avec Jean d'Orgeix:
Retour au box ! arrow A cheval arrow Un week-end en Touraine 06-07-2008
 
     
 
Cherche sur Equideos
Les Dossiers Equideos
 
     
Une journée avec Jean d'Orgeix Version imprimable Suggérer par mail

dorgeix01 L'association Allège-Idéal, dont je suis membre depuis quelques mois a organisé, à Montreuil en Touraine une journée de travail avec Jean d'Orgeix sur le thème "Obstacle et Légèreté".

Lors de cette journée, Jean d'Orgeix a fait une intervention d'un peu plus d'une heure, dont vous trouverez ci-joint le texte.

Il s'agit du texte original que j'ai légèrement modifié pour une lecture plus facile. Je vais également ajouter des photos tirées de la vidéo qui vont permettre d'éclaircir certains mimes.

Merci M. d'Orgeix pour cette belle leçon d'équitation et de légèreté.

Bonne lecture à tous

dorgeix02 Alors ! Puisque nous sommes là pour la légèreté, la légèreté pourquoi ?

Attention ! La légèreté, ce n'est pas simplement pour une question de purisme, le goût du classicisme, le goût de la montée, parce que c'est quand même plus beau un cavalier qui travaille dans la légèreté... D'abord c'est plus agréable pour lui, et puis c'est plus beau et c'est plus pur du point de vue art équestre, mais c'est pas... ce n'est pas simplement pour ces raisons là, c'est pour une raison très prosaïque, c'est-à-dire l'efficacité.

Nous savons tous que les sports nous ont appris, que la qualité musculaire, la capacité musculaire dépendent de la décontraction. Prenons la course à pied, Et bien le grand DURMI autrefois, nous a appris que sur un 5000 mètres, entre un monsieur qui court comme ça (Il mime quelqu'un de contracté avec une course saccadée) et celui qui court comme ça (Il mime quelqu'un de détendu avec une course souple) et bien à l'arrivée, le même, il y a 15 mètres de différences. Parce que usure de toxine, fatigue, et à l'arrivée, il n'y a plus les mêmes réflexes.

dorgeix03 Pour un cheval, car enfin c'est lui l'athlète dans l'équitation quelle que soit la discipline que l'on pratique, c'est lui qui physiquement travaille, bien il est certain que, et c'est pour ça que le grand art équestre, c'est un cheval qui est aux ordres, bien entendu, qui est dans une... Je n'aime pas le mot soumission... dans une prolongation du cavalier complète, totale, MAIS en totale liberté musculaire. Si un cheval est en parfaite liberté musculaire, alors il a tous ses moyens d'expression, encore une fois, que ce soit pour faire du passage, que ce soit pour sauter des obstacles, que ce soit pour galoper, etc, etc...

Donc la légèreté c'est une nécessité si on veut faire de la grande équitation, de la très bonne équitation.

dorgeix04 Bien ! Alors ! Légèreté ! D'abord, qu'est-ce que c'est exactement la légèreté. Parce que souvent il y a des... On entend des tas de choses. Alors il y a une chose que, moi personnellement, j'entend souvent dire de la légèreté : "Il faut des années pour y parvenir" Oh là ! Oh là ! Alors moi je ne suis plus du tout... Qu'est ce que c'est ? C'est pas un but lointain, c'est pas une ile du pacifique à laquelle on arrivera peut-être un jour, non ! On monte sur un cheval et on doit le monter dans la légèreté ! Je dirais même n'importe quel cheval, n'importe lequel, on va lui apprendre tout de suite. C'est la base fondamentale, la légèreté ! On doit apprendre à un cheval de ne se mouvoir et de ne répondre que dans la légèreté et alors là on touche fatalement au... J'allais dire au mot "dressage"... au fait "dressage".

dorgeix05Alors d'abord, je voudrais vous dire une chose. Je l'ai déjà dite. Je vais peut être faire sourciller les sourcils. Il y a un mot auquel je suis très allergique, je m'accule un petit peu, je suis le cheval qui s'accule. C'est au mot "dressage". Je suis très allergique à ce mot là, je vais vous dire, pour deux raisons.

D'abord parce que la Fédération Internationale a un jour, c'était aux environ de 1920-21, a décidé de donner ce mot, ce nom à une discipline. Je trouve ça un peu curieux d'ailleurs, parce que je trouve que les mots "équitation savante", "équitation de haute école", "académique", tout ça... je trouve que ça aurait été mieux que le mot "dressage". Bon, enfin, c'est un fait. Oui ! Mais alors, ça trompe beaucoup de gens. Parce que, du moment qu'on monte sur un cheval, quel que soit ce qu'on veut faire avec, il faut le dresser. C'est évident ! Et donc beaucoup de gens en concluent que pour dresser un cheval, c'est l'équitation de dressage. Ah non ! non ! non ! Absolument pas d'accord ! L'équitation de dressage est une très belle équitation, mais qui a ses critères, son style, tout un ensemble de choses et qui sont souvent différentes, et même quelque fois très très différentes, avec ce que l'on pourrait appeller, et qui s'appelait d'ailleurs autrefois, le dressage en basse école, c''est à dire le dressage, mais fondamental, de base.

Je vous prend par exemple un seul fait, par exemple en équitation de dressage, l'allongement doit se faire, normalement, à cadence constante. C'est une amplitude de mouvement du cheval, c'est très bien et en effet, cela demande un travail très particulier, ce n'est pas naturel chez un cheval, pour obtenir ça, pour obtenir des variations d'allures sur simplement des amplitudes de mouvements, mais en restant en cadence constante. Alors qu'au contraire, sur une équitation sportive, enfin notamment l'équitation d'obstacles, les différences de cadences sont absolument nécessaires. Parce que l'amplitude de mouvement, ah oui ! mais on a plus le même engagement derrière. Donc au contraire, il faut les accélérations de cadences qui permettent de comprimer la chose. Je cite ce cas là, mais il y en a baucoup, beaucoup.

Donc pour ça déjà, je n'aime pas ce mot "dressage" parce que je trouve que ça, ça trompe des gens. Encore une fois l'équitation de dressage, la discipline "dressage", c'est une chose, mais c'est une chsoe qui est différente d'autres formes.

dorgeix06Et puis... "Je vais vous dresser, vous ! haha ! ceux-là, on va les dresser, hein !" Attention ! Dans le mot "dressage", il y a une connotation de force, d'imposer, et ça c'est dommage. C'est dommage parce que ça ce voit dans la pratique. Il y en a combien de cavaliers, justement : "toi, tu vas faire ce que je veux, hein !" Ha oui... et ça ! alors là je vous met en garde sur cette conception qui est dans tous les manuels et dans tous les livres : "pour faire tel mouvement, il faut reculer la jambe gauche, ou garder la jambe droite à la sangle, vous tournez machin là.... Et toujours pour obtenir un mouvement, voilà avec vos aides, vous faites ça et ça..." Autrement dit, je vais par mes actions donc, plus ou moins coercitives des aides, faire que il va être obligé de faire le mouvement. Je trouve qu'il y a un défaut là-dedans parce que... chaque fois qu'on fait le même mouvement, il faut recommancer à lui faire faire ça... au lieu de s'addresser au cerveau du cheval, de lui apprendre, de lui dire quand je fais ça, toi tu fais ça... Quand je fais ça, je vois que ça dérape, je vais le lui APPRENDRE ce qu'il doit faire.

Et c'est pour ça qu'il y a un mot qui a été dit il n'y a pas longtemps, deux ans ou trois ans, et que je vais vous répéter. Pour moi c'est dans les trois plus grandes phrases de l'équitation et dieu sait si on en a dit, s'il y en a eu des phrases sur l'équitation. Mais, pour moi, celle là elle est dans les trois plus grandes phrases de l'équitation. C'est monsieur Alexis Gruss, du cirque, qui l'a dite, alors qu'il était interviewé par une journaliste. Et cette journaliste à un moment lui a dit : "Comment est-ce que vous dressez vos chevaux ?" et il a dit : "Moi, je ne les dresse pas, je les éduque !" Ha ! Merci monsieur Gruss ! Merci ! Merci d'avoir su, par une seule phrase, résumer une chose aussi grande ! On éduque un cheval ! Et c'est pour ça que le mot "dressage", son côté... ça peut tromper beaucoup de gens ce côté "On va dresser un cheval !" Et non ! il faut éduquer un cheval. Ca revient au même si vous voulez, mais c'est pas du tout pareil, l'esprit est différent.

Vous savez, il y a une phrase que je répète depuis... longtemps, et c'est pas du tout pour faire une phrase humoristique que je la dit : " N'oubliez jamais qu'un cheval n'a pas lu un traité d'équitation". C'est pas pour dire une plaisanterie que je dis ça ! C'est vrai ! Un cheval quand on va le prendre dans son box, il ne se dit pas en sortant "Ha ! Je vais apprendre les grands principe de Monsieur de la Guérinière !" Il pense : "On me fout un truc sur le dos un un dans la bouche", bon !, et puis il sort.

Donc c'est à nous de tout lui faire découvrir. Lui faire découvrir ! On est un professeur sur un cheval. On doit lui apprendre justement. Et c'est pour ça qu'on doit le, et ça rejoint indirectement la légèreté, ce côté de dire "Je dois lui apprendre ce qu'il doit faire". Or, vous savez que dans le dressage, je préfère l'éducation, c'est facile. C'est facile ! Pratiquement n'importe quel cheval, il peut toujours y avoir des exceptions, mais c'est des exceptions, pratiquement quel cheval, en huit mois se met aux boutons, au boutons ! changements de pieds compris ! Je parle en basse école, je ne parle pas en équitation savante ! mais en basse école, en huit mois, un cheval est aux boutons.

A condition, c'est un conseil, à condition, de ne pas oublier ce qu'on dit d'ailleurs toutes les grandes voies équestres. Relisez-les, écoutez toutes les grandes voies équestres. n'oubliez pas que toutes les grandes voies équestres du passé, elles ont étées grandes voies, pourquoi ? Parce que ceux qui avaient ces voies-là, c'est parce qu'ils avaient montré sur le terrain. A l'époque, il n'y avait pas des brevets donnés par les administrations ! Aujourd'hui, la compétence en général, c'est si on a des brevets donnés par des administrations différentes de la France, n'est-ce pas. Autrefois, c'est parce qu'un monsieur sur le terrain obtenait des choses de ses chevaux que les autres ne pouvaient pas obtenir. Ils disaient : "Ah ! Il y a quelque chose !". Toutes les grandes voies, c'est ça ! Tout les grands, grands cavaliers du passé qui ont laissé, c'est parce que, eux, à cheval, ils obtenaient des choses, ils dressaient leur chevaux, ils obtenaient de leur chevaux des choses que les autres n'arrivaient pas à obtenir. C'est à partir de ce moment-là qu'on dit : "Ah ! Monsieur, comment faites-vous ?"

Et bien, toutes les grandes voies équestres, puisqu'il y a eu, fatalement, des points de vue différents sur tel problème, sur tel machin, mais il y a les constantes que tous ont dit. Alors là, en général, si toutes, toutes les grandes voies équestres ont répété la même chose, là, il y a quand même de grandes chances que ce soit vraie. Et bien, tous ont dit, je parle de ces deux choses-là, il y en a d'autres, mais bon, parlons de ces deux choses-là. La première : "Obtenez des mouvements simples, mais fait parfaitement". Parfaitement, le mot est... la perfection n'est pas de ce monde, mais enfin le plus proche possible de la perfection.

Faites d'ailleurs, le brave Général L'Hotte le dit en disant : "N'oubliez pas que le dressage d'un cheval est comme la construction d'une maison. Il faut d'abord mettre les fondations". Parce qu'un mur, je peux toujours le monter. Je vais le monter mon mur, tout de suite. Oui, mais dans trois semaines, il va commencer à se lézarder et dans trois mois, il va se casser la gueule. Il faut d'abord mettre des fondations. Et puis après, une fois que j'ai mis les fondations, je mets une pierre ! Puis après, on met une dexième pierre. Et après une troisième. Puis on monte et c'est solide. Et là, c'est solide. C'est la même chose à cheval. Attention à ça ! En général un cavalier monte sur un cheval, dans les trois minutes, il se met au galop. Haha ! Faut voir un petit peu ce qu'il va faire ! Oh là là ! Oh là là ! Oh là là ! D'abord mettre les fondations. Or les fondations, c'est justement... quand je vous dis "c'est facile de dresser un cheval", c'est vrai. Ce n'est pas difficile. Mais alors après il a toujours des gens qui ont beaucoup de sentiment, bien sûr, plus de tact, plus de... Ca la répartition du sentiment, du tact, elle est pas égale et les bonnes fées, là-haut ne l'ont pas donné de façon égale. Oui, mais, il y a les moyens de le faire et la façon de s'en servir, je dirais de ces aides.

Or, ce qui compte, c'est d'obtenir. Ne pas oublier une chose, c'est que nous savons tous que les mauvaises habitudes se prennent très vite, mais il y a une chose à laquelle on ne pense pas, en général, ou qu'on ignore, c'est que les bonne habitudes se prennent aussi vite. Aussi vite ! C'est l'habitude qui se prend vite. Alors, elle peut être mauvaise, elle peut être bonne ! Et c'est ça la base du dressage. Et c'est ça qu'on tous, tous, toutes les grandes voix, pour les citer comme ça, ont dit : "Cherchez des mouvements simples, mais fait parfaitement et avec des actions infimes, avec toujours des actions infimes. Et après alors, le dressage va aller très vite. Mais d'abord mettez une pierre, puis une autre pierre, puis une autre pierre, puis une autre pierre. Et après ça va très vite.

Alors par exemple, dans la pratique, parlons pratique. Je suis, mettons au trot, et puis je suis poli avec mon cheval, je joue avec sa bouche, et admettons que mon cheval, tout d'un coup, m'oppose une résistance, se contracte, cherche à aller pus vite par exemple, et puis oppose une résistance. Et bien là, bien sûr, je vais essayer de la détruire cette résistance, mais si dans les trois secondes, je dis bien trois secondes, je ne l'ai pas détruit, je n'ai pas pu la détruire, ouh là, arretez ! Arretez ! Immédiatement ! En le grondant, pour lui dire que si j'arrête, c'est parce qu'il y a quelque chose qui ne va pas. C'est très important ça. La voix, justement, est nécessaire pour ça. Parce que si simplement je l'arrête, bien il va être arreté et puis c'est tout. Il repart en arrière, lui il s'en fou. Si je le gronde à la voix, il comprend très bien le cheval. Il comprend très bien que je ne suis pas content.

Le cheval comprend que son cavalier n'est pas content. Ha ! Pourquoi ? Il ne comprend pas au départ, bien entendu. Seulement, quand ça va se reproduire trois fois, cinq fois, dix fois, trente fois, peut-être cinquante fois, tout d'un coup : "Ha bon ! Ha ! ah bon, j'ai pas le droit de faire ça ! ha bon". Et quand un cheval comprend que quelque chose est interdite, en général, il ne la fait plus, parce que c'est brave un cheval. Ils sont pas vicieux les chevaux. Bien sûr il y en a toujours, mais c'est toujours des exceptions ! En général, le cheval est brave. Le général de Carpentery et d'autres, enfin, lui, il avait dit cette phrase très juste en disant : "un cavalier qui n'est pas obéi, n'est jamais sûr d'avoir été compris par son cheval" et c'est très juste. La plupart du temps, si un cheval ne fait pas ce qu'on lui demande, c'est en général parce qu'il n'a pas compris, parce que ce n'est pas assez clair pour lui, il n'a pas été éduqué suffisemment, et donc ce n'est pas assez clair.

Donc, si le cheval s'est appuyé, je fais "ding" tout de suite en gueulant, décontration, calme, on va repartir. Il recommance, mais surtout ne jamais continuer, si je continue tout en bataillant, en essayant de le décontracter, et bien le cheval, il prend l'habitude de trotter en se battant plus ou moins, en se défendant. Je ne peux pas lui dire, lui dire quoi ? Lui dire "Ecoute, je veux trotter, mais je ne veux pas trotter comme ça". Oulà, là, c'est du troisième ou cinquième degré. Il ne comprendra pas. Il ne peut pas comprendre. Un cheval, on peut lui dire "non, verboten, caca, interdit !" ou "oui, très bien, voilà !" On ne peut leur dire que ça, c'est bien ou c'est mal. On ne peut pas rentrer dans des considérations différentes, c'est pas possible.

Et donc, on va arrêter. Il recommance, je vais arrêter. Dix fois, s'il le faut. Jamais continuer, sinon, je lui donnerais une mauvais habitude. Et puis, c'est là le mot éducation. Admettons, je l'ai engueulé cinq fois, six fois, sept fois, j'ai arrêté, décontracté, je vais repartir au trot. Là, comme il a été grondé, il se pose des questions, il dit "qu'est ce qui se passe ?" Je vais repartir au trot, toujours poli. Si le cheval me donne soixante-dix mètres, quatre-ving mètres, sans se défendre, en restant léger et tranquille, alors là je vais pas aller plus loins, parce que sinon, je risquerais de perdre, justement, l'occasion de faire "oh, oh. Oui !" Et puis alors là, je vais déborder, alors là, déborder "oh ! formidable !" que le cheval enregistre, parce qu'ils enregistrent tout les chevaux. Il va se dire "tiens, il est content maintenant. Ah oui, ça il est content. Tiens, une carotte ! Oh la vie est belle ! Il est content, tout à l'heure, il n'était pas content. Je sais pas pourquoi." Oui, bien le "je sais pas pourquoi", quand ça va s'être reproduit trois fois, cinq fois, vingt fois, tout d'un coup, il va "ha bon, ha bon".

C'est ça l'éducation, l'éducation d'un cheval. Je ne l'oblige pas, non je communique avec lui. "non ! non ! non ! pas ça !" "Oui ! Voilà ! Tu est formidable ! tu est le plus beau ! tu est merveilleux ! etc...". C'est ça, et alors, ne chercher à faire que des mouvements ... si vous voulez, pour moi le dressage il commence à une chose, puis alors vraiment, alors ça si je prend un cheval que je ne connais pas, la première chose, c'est de vouloir faire "oh !" et que le cheval, toc, fasse ça et ne bouge plus, et soit immobile pendant huit à dix secondes. C'est la première chose. Si on ne peut pas avoir l'immobilité, c'est pas la peine de continuer autre chose. Tant qu'on a pas l'immobilité absolue, c'est pas la peine d'essayer de faire des mouvements, enore une fois. Encore une fois, on sera dans le désordre permanent. C'est ça la première pierre de la fondation. Au signal, c'est pour ça que j'aime bien la voix, faire "oh !" Bien en deux jours, en deux jours, je vais marcher comme ça rênes longues avec un cheval, je luis fait "oh!", et le cheval va s'immobiliser. Ils apprennent vite ça. C'est ça. Et après, du moment qu'il est immobile, je peux enfin lui dire "au pas". je vais faire cinq, six mètres, au pas, durcir les doigts, arrêter. C'est tout. "Bravo mon cheval". C'est tout, c'est un temps de travail ça, un temps de travail.

L'autre chose qu'on dit toutes les grandes voix, "faites des choses simples, des temps de travail courts", courts, courts. On ne travaille pas un cheval en restant des heures... On les abrutis. Ils se disent vivement demain soir qu'on se couche. Et puis ils ne comprennent plus rien. Des temps de travail courts, surtout au début. Après, par la suite, bien entendu, on va pouvoir, surtout quand on fait des temps de travail de musculation, ça ça va être plus long, mais d'un point de vue éducation, ou dressage, comme on voudra, les deux mots, des temps de travail courts. Le cheval me fait bien le mouvement, voilà c'est ça... "Bravo !" C'est tout. D'abord il faut que je puisse faire quelques pas et m'arrêter. Point à la ligne. Deuxièmement, quelques pas, arrêter, reculer, arrêter, point à la ligne ! Et puis après, bien je vais faire ça plusieurs fois. Et puis après, arrêter, au trot, directement depuis l'arrêt, bien entendu, pour faire sept mètres, huit mètres, pas plus et toc ! arrêter. Reculer. Au pas, au pas, au pas, arrêter. Galop, trois foulées, toc ! arrêter, reculer, stop, galop sur l'autre pied, etc... Voilà ! Des mouvement simples, pas, trot, galop, mais il faut faire quelques mètres, c'est tout. Et reculer, bien entendu, et reculer, c'est important. Et c'est tout, quelques mètres. Mais, fait avec un cheval qui est là, qui est au ramener, dans la légèreté, sur des actions infimes, de plus en plus infimes, et voilà ! Quand on a ça, mais le reste va à toute allure. C'est pour ça qu'on dresse vite ! Un cheval, ça se dresse vite, relativement. Mais, à condition de d'abord poser les bases, poser, pour pouvoir faire des mouvements simples, avec un cheval calme, toujours haut placé, sur des actions infimes, infimes.

Vous savez, n'oubliez pas UN des grands mots, parce qu'il en a dit tellement, un des grands mots d'Oliveira. Et pourquoi c'est un de ceux que je préfère ? Parce que c'est tellement vrai. "Il faut intriguer le cheval par la légèreté des actions" et c'est vrai ! 100% ! Sur une action forte, le cheval... Sur une action infome, le cheval... "Ha oui, c'était bien ça, c'était bien ça". Il est beaucoup plus attentif, beaucoup plus réceptif sur une action infime. Les cavaliers en font toujours trop, en général. Faut y aller. Et alors, le cheval.... Sur une action infime, le cheval tout d'un coup est avec vous. "Ah oui, il m'a dit ça", etc...



Dernière mise à jour : ( 17-07-2006 )
 
< Précédent   Suivant >
     
 
Identifiez-vous
Statistics
Membres: 239
Publications: 1022
Liens: 41
Visiteurs: 635167
 
     
© 2008 Equideos
Joomla! is Free Software released under the GNU/GPL License.