Equideos - Une journée avec Jean d'Orgeix: : L action indirecte...
Retour au box ! arrow A cheval arrow Une journée avec Jean d'Orgeix 25-07-2008
 
     
 
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Une journée avec Jean d'Orgeix Version imprimable Suggérer par mail

Et alors, sur cet aspect des rênes, vous savez, depuis le temps que j'ai commencé à réfléchir sur les problèmes de l'équitation. Ca fait quand même, je suis très jeune, mais quand même, ça fait assez longtemps. Et bien, il y a beaucoup de choses auxquelles j'ai pensé. Pour moi, la plus importante, la plus importante, je ne l'ai pas découverte, plutôt si, enfin je l'ai découverte, oui, mais après beaucoup d'autres. Car la seule chose, c'est que cela n'est jamais enseigné, jamais. C'est ahurissant, mais c'est comme ça. C'est ce que j'appelle l'action indirecte, qui transforme les rapports que l'on a avec un cheval.

Voilà ce que j'appelle action indirecte, voilà la bouche du cheval. Si je fais ceci, c'est une action directe. Si, voilà mon point de tenue, mon point de tenue, évidemment, c'est l'anneau du filet, maintenant, je vais appuyer entre les deux. C'est ce que j'appelle une action indirecte. Alors, bien sûr, on est pas Vischnou, on a pas quatre mains. Voilà, autrement dit, toutes les actions, toutes, toutes, toutes, sans exception, seront toujours comme ceci, jamais ça. C'est l'horreur, pour moi, c'est l'horreur. Ca, ha quelle horreur. Non, ça, voilà. Toujours j'appuie. C'est l'effet de la serre, on monte le pouce, et on appuie ici. Voilà, l'appui sur la rêne. Alors, vous allez, je pense le voir, toi, tu vas le sentir, tiens la bien la rêne. Petite action directe. Action directe légère, voilà. Action indirecte légère. Maintenant, action forte indirecte. Action forte directe. Vous voyez ce que prend le cheval dans la gueule ? Vous comprenez la différence entre ça et ça, même action forte, oui, mais indirecte. Il n'y a pas choc. Là il y a un choc.

- Il y a un rebond, amortissement (le "cheval" nous livre ses impressions)

Il y a l'amortissement de ça. Et alors, et alors, c'est ça qui est quand même formidable, c'est que, quel était un des grands griefs des dauristes envers M. François BAUCHER ? Ils disaient : "Grotesque ! Ridicule ! A-t-on jamais vu un écuyer qui pianote sur ses rênes ? Grostesque !" Monsieur BAUCHER pianotait sur ses rênes ? Ha ha ! Et alors, c'est pas l'action indirecte ? C'est bien ça, parce que justement, avec un jeune cheval ou un cheval en formation, bon le tranchant de la main, c'est très fort, je peux résister à n'importe quoi, je peux résister à 40 kg, il bougera pas. Mais par contre, au fur et à mesure du dressage du cheval, oui, on va faire ça, bien entendu. Il y a un moment, on travaille avec les doigts simplement. J'ai tourné la main, et voilà. Toutes les actions sont toujours des actions indirectes, mais simplement avec les doigts. Ca avec un cheval, déjà, qui marche très bien, parce que, évidemment, je peux pas résister si il y a une résistance du cheval, bien c'est pas le doigt qui va tenir. Là oui, je peux, moi je peux opposer ma résistance, mais après, en effet, je pianote. Donc M. BAUCHER, celui que l'HOTTE avait appelé "le plus grand écuyer de tous les temps", travaillait en action indirecte. Vous croyez qu'on s'est dit "comment fait le plus grand écuyer de tous les temps ?" Il faut peut être étudier un peu sa manière de faire. Parce qu'il y a peut être des avantages. Ah non, non, non, on a rigolé, on a dit "Grotesque ! Pianoter ? Ridicule !" Oui, et bien M. BAUCHER, d'ailleurs autrefois des gens de l'équitation académique, regardez, on a quand même quelques images, photographies, gravures, etc... de la fin du XIX ème et du début du XX ème, ils étaient là, et ils travaillaient comme ceci, par le poignet. Et bien le poignet, c'est une forme d'action indirecte. C'est ça, c'est pas ça ! On appuie, on travaillait toujours par le poignet.

Alors maintenant, dans nos règlements, on a plus le droit. Je ne sais pas si vous avez vu, le poignet doit être raide et on fait ça, comme ça, boum, boum ! comme le piston du trombonne. Ils travaillaient comme ça les gens.

Alors évidemment, là, je trouve... on a trois cetimètres, trois ou quatre centimètres, maximum, et c'est le poignet, ce n'est pas l'épaule. Alors que si on met les mains à plat, alors là, je peux partir de là et faire ceci. Donc, j'ai... douze centimètres. Après, je me sers de ce dont j'ai besoin. Enfin, en gardant une main fixe, on a un très grand espace de mouvement.

Et ça part de l'épaule, ce qui est très important. Tout part de l'épaule. L'épaule, c'est à la fois la force, pas la force, bien sûr, contre le cheval ou envers le cheval, mais la capacité de résistance. Eventuellement sur une défense du cheval, j'ai la force pour résister, mais l'épaule, c'est la douceur.

Alors vous avez deux choses. Pour avoir une équitation d'épaule, c'est-à-dire la bonne équitation, vous avez deux impératifs dont on ne parle jamais, bien entendu ! On en parle jamais, encore une fois.

Mon bras doit tomber naturellement. Mon bras, c'est-à-dire de l'épaule au coude. Parce que si je fais ceci, là, donc je tiens mon bras par mes deltoïdes. Maintenant, c'est fini l'épaule, elle est bloquée. Vous n'avez qu'à en faire l'expérience, vous allez voir. Mettez simplement vos mains comme ça, et après, essayez de jouer avec vos épaules. Elles sont bloquées. Ah oui, là mes épaules sont souples, là je peux faire tout ce que je veux avec mes épaules, je peux travailler comme je veux, mais il faut que le bras tombe naturellement. Je me met en équilibre en équitation d'obstacle, et bien voilà mon bras tombe naturellement, et maintenant, je ploie mon coude. Voilà mes mains. Je m'assoie, voilà mes mains. Je me mets en équilibre, toc, toc, voilà mes mains. La mains est toujours au même endroit par rapport à l'épaule. C'est ça ! Ce qui compte, c'est ça, c'est cette capacité d'avoir le bras qui est complètement souple, surtout pas que les deltoïdes travaillent, sinon on bloque. Il faut donc avoir le bras souple, donc, quelque soit la position, si je sui là, le bras tombe par là, si je me redresse, il est par là. Voilà. C'est ça qui doit, le bras, jamais un effot, ça ça doit tomber toujours naturellement. Oui, je peux faire un mouvement, bien entendu, mais ce sera un mouvement. Mais pas pour y rester. Il faut que le bras tombe naturellement. Alors, je peux travailler avec mes épaules. Premier impératif.

Donc la longueur, c'est ça. Je ne sais pas, la longueur des rênes, ça ne veut rien dire. Il faut que mes mains puissent travailler bien. Après, que la rêne fasse 15 cm, 3 cm ou 20 cm de plus ou de mains, on s'en fou. C'est une lanière, qu'elle soit comme ça, comme ça, comme ça, ça ne change rien. Ce qui compte c'est que ma main puisse travailler souplement, et avec précision.

Et autre impératif, ne jamais fermer la main. Même, chose, faites l'expérience. Faites ça, serrez les mains devant vous. Et maintenant, essayez de travailler avec vos épaules. Vous pouvez y aller. Je vous défie de le faire. Je fais... Ah oui, voilà, mes épaules sont libres. On ne peut pas fermer la main. Si on ferme la main, on bloque les épaules, et alors, on fait une équitation de biceps que l'on voit partout. Hélas, et voilà. On est à cheval comme ça, et toc, et toc... ça tape, et on tape sur la gueule des malheureux chevaux. Il faut que les mains soient ouvertes.

Encore une fois, ça c'est de la mécanique, c'est pas de l'équitation au sens équestre, mais c'est de la mécanique. Il faut que les mains soient ouvertes. Mais il faut quand même tenir les rênes. Et bien voilà, c'est d'une simplicité biblique. Vous voyez où je tiens la rêne, elle est là. Elle est coincée ici, elle est posée ici, dans le creux là, entre le pouce et la main. Et maintenant, j'ai rabattu. Voilà, et la plupart du temps, je n'ai même pas à fermer, le simple effet de lacet suffit. Tiens, regarde, vous allez voir. Ne bouge pas tes mains, regarde, je donne des actions assez fortes, je peux donner des actions même très sèches. Voilà, et regardez mes mains, elles sont complètement ouvertes. Si il y a une résistance plus forte, et que donc, il risque d'y avoir une tension, alors, là, je n'ai qu'à appuyer ici, le pouce, fermer le creux qui est là, appuyer le pouce, alors, là, c'est fini. Alors là, la rêne ne glissera plus, quarante, cinquante kilos, la rêne ne peux plus glisser. Entre l'effet de lacet et le fait d'avoir fermé ici, c'est fini, c'est bloqué. Mais la plupart du temps, il n'y a même pas besoin. Même pas besoin de fermer ici.

Voilà, voilà comment on travaille. On travaille comme sur un piano. Pour moi, les rênes, c'est un instrument de musique, c'est un piano, c'est un violon, c'est une harpe, comme vous voulez. On joue sur sur une rêne. on joue. On travaille sur une rêne, on joue sur une rêne. On n'est pas... Ce qu'on apprend, c'est ça qui me met en rage, c'est que ça s'apprend. Tenez le et tirez dessus. Au lieu d'apprendre à être posé, On est sur un piano, vous ne l'attrapez pas à pleine main, on est posé et on joue. Voilà, alors, je vais jouer Mozart ou Bethoven, je vais jouer ce que jeux veux. Voilà.



Dernière mise à jour : ( 17-07-2006 )
 
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