Equideos - Attitude et position
Retour au box ! arrow A cheval arrow Attitude et position 06-07-2008
 
     
 
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Attitude et position Version imprimable Suggérer par mail

En janvier, nous avons assisté à une journée organisée par l'association Allege-Ideal sur le thème "Attitude et position".

Cette journée était découpée en trois ateliers.

Pour le premier atelier, nous étions à cheval et nous avons expérimenté trois attitudes (assis, légèrement décolé de la selle et en suspension), au trot et galop sur des barres à terre. Simple me direz-vous ? Surement ! Mais également très constructif.

Le second atelier était une séance sur le simulateur de Peteris Klavins. Très interessant, très instructif et surprenant !

Le troisième atelier était une séance de travail à pied sur la gestuelle du cavalier. La position précède l'action ! C'est ce troisième atelier dont nous vous ramenons la retranscription.

Je pars du principe que l'équitation, pour résumer, c'est un peu gérer l'équilibre du cheval, pour obtenir tel ou tel déplacement. Or, pour pouvoir gérer correctement l'équilibre de son cheval, il faut être... Un impératif premier, c'est d'être capable de gérer son propre équilibre, de gérer les mouvements de son propre corps. Et gérer les mouvements de son corps, c'est déjà être capable de savoir comment on est placé.

On est bipède. On a donc certains repères. On n'a pas besoin de réfléchir à la façon dont on doit se placer pour être en équilibre, on n'a pas besoin de réfléchir à la façon dont on doit agir pour faire tel ou tel exercice, ça vient naturellement parcequ'on a entre cinq et... 70 ans, 7 et 77 ans d'expérience derrière soi.

Par contre, lorsqu'on est à cheval, c'est totalement différent. On est dans une attitude totalement différente. On n'a plus les contacts avec le sol. On doit donc, première chose, trouver des nouveaux repères qui vous permettent de savoir comment on est placé à cheval, comment s'articulent les différentes parties les unes par rapport aux autres.

La première difficulté, c'est qu'aujourd'hui les bipèdes sont, en majorité, introvertis, c'est-à-dire qu'ils vont avoir tendance à fonctionner comme ça, où on regarde les oreilles de son cheval. Faites l'expérience. Mettez-vous comme ça, et essayez de prendre conscience de l'espace qui vous entoure. Après, redressez-vous en inspirant très fort et en redressant la tête (photo ci-dessous), et essayez de prendre conscience de l'espace qui vous entoure. Vous allez voir que dans le deuxième cas, l'espace est beaucoup plus grand.

A partir du moment où l'espace est beaucoup plus grand, on va pouvoir avoir des repères beaucoup plus nombreux qui vont permettrent de se situer par rapport à l'espace. Dans un premier temps, de se situer soi. Dans un deuxième temps, de se situer avec son cheval.

Donc, premièrement, arriver à se situer dans l'espace pour prendre des repères qui vont vous permettrent de savoir comment vous fonctionnez à cheval. Toujours l'exemple... Boris ne va pas me contredire, il y a beaucoup de gens auxquels tu as dit "redresse-toi, dégage tes épaules vers l'arrière" qui sont comme ça (introvertis) et qui font ça (extravertis) et qui te disent "Mais si je fais ça, je suis couché sur la croupe". Je pense que ça t'est déjà arrivé ? Donc, ce sont des gens qui, au départ, n'ont pas la notion de ce qu'est être droit, être en avant, être en arrière. Parce que on ne les a pas ammené à réfléchir à cette prise en compte de nouveaux repères. On est obligé d'avoir de nouveaux repères parce que la position à cheval est une position qui n'est pas naturelle, qui n'est pas la position du bipède.

Ca, c'est la première chose.

Ce qui est important, à mon sens, c'est cette position du haut du corps et du regard. Le reste, c'est moins important, ça viendra dans un deuxième temps. A partir du moment où, et tout est une question de respiration, à partir du moment où je respire avec toute ma cage thoracique, automatiquement, j'ai mes épaules qui se dégagent vers l'arrière, j'ai mes abdominaux qui s'étendent, qui se tonifient et qui permettent à mon pubis, à mon bassin de partir vers l'avant et vers le haut.

Ca va me permettre donc d'accompagner mon cheval dans un mouvement d'arrière vers l'avant. Alors que, si je suis comme ça (introverti), je vais avoir la même amplitude de mouvement, mais elle va être d'avant vers l'arrière. Mais par contre elle ne sera pas en accord avec le cheval, parce que le cheval c'est d'arrière en avant, c'est pas d'avant en arrière, sauf dans le cas du reculer. Ca on pourra en parler tout à l'heure.

Donc, première chose, je travaille avec mon haut du corps, avec ma respiration, c'est tout ! Mais je respire avec ma cage thoracique pour avoir mes épaules qui se dégagent vers l'arrière pour passer d'une attitude introvertie à une attitude extravertie. Et ça, ça va me placer correctement dans mon bassin, dans ma selle. Toute cette partie du haut du corps, ça va être pour me lier à mon cheval.

Le bas du corps, ce sont des articulations qui travaillent, même comme bipède, qui travaillent différemment, mais qui vont avoir pour but d'amortir d'amortir les mouvements du cheval et obtenir de mon bas du corps qui soit fixe. Ce sont donc des articulations qui doivent travailler de haut en bas.

Quand vous êtes à cheval, ou dans une allure enlevée, ou dans une assise, quand vous accompagnez votre cheval, vous devez avoir toujours le sentiment de vouloir entamer une descente pour vous mettre à genou. La, je travaille avec mes cuisses qui descendent. Mes cuisses descendent, ma jambe va descendre. Et au fur et à mesure que mon articulation de la hanche va s'ouvrir, que ma cuisse va descendre, je vais pouvoir rallonger mes étriers. C'est une erreur de vouloir chausser trop long au départ. Parce que, trop long au départ, on va être obligé d'être à la chasse à l'étrier, on va être comme ça. Alors, il vaut mieux, au départ, monter un petit peu court, et puis progressivement, au fur et à mesure que les muscles vont s'assouplir et les articulations s'ouvrir, on va pouvoir descendre dans sa jambe.

En terme de position encore, l'appui sur l'étrier. Vous ne devez pas appuyer sur votre étrier. L'étrier n'est là que pour reposer la jambe. Si vous appuyez sur votre étrier, je suis désolé, l'étrier est au de l'étrivière, ce n'est pas un point fixe. Si j'appuie sur quelquechose, ça va se ballader. Donc, je vais poser mon pied sur l'étrier, et c'est le poids de la jambe qui, en descendant, va amener le poids à descendre dans les talons et ce qui va permettre à la cheville de légèrement se fermer et de continuer à jouer son rôle d'amortisseur.

Pareil, il ne faut pas, comme on cherche à le faire souvent, dire.... ça. Parce que quand le talon est hyper descendu, je suis un peu en appui sur mes étriers et la jambe part vers l'avant, et comme la cheville est complètement bloqué comme ça, elle ne joue plus son rôle d'amortisseur.

- On parle d'équilibre assis, quand même ?

De toute façon, c'est juste, après un travail de bassin. A partir du moment où les angles articulaires sont là, on peut travailler assis sur des étriers un peu courts, les angles articulaires seont un peu plus fermés, mais on travaillera tout aussi bien. Ou des étriers beaucoup plus longs, qui gèneront par contre pour le travail enlevé. Parce que chausser trop long pour trotter enlevé, c'est difficile. Il faut voir, l'équitation de la Guérinière, ils montraient très long, ils avaient des selles particulières, mais ils ne savaient pas trotter enlevé. Ca n'existait pas le trot enlevé. Alors la seule différence selon la longueur d'étriers, c'est l'appui sur l'étrier. Disons que quand on travaille en suspension, il faut être un petit peu plus en appui sur les étriers. Mais on n'est pas totalement en appui sur les étriers, l'appui va être réparti également sur l'étrier et sur le talon, le poids va être également sur l'étrier et sur le talon, pour conserver à la cheville sa souplesse.

Et après, donc, c'est un peu une position... un tronc commun, après, selon la discipline que l'on pratique, on va varier, selon le type de selle que l'on utilise, on va avoir une position, un mouvement qui va être un peu différent. Le cavalier qui fait de l'endurance a une selle spéciale et un fonctionnement qui est totalement différent. Le cavalier qui fait du hunter, qui est toujours en position en suspension, il va avoir un fonctionnement différent du cavalier qui sort à l'obstacle, qui va intervenir sur l'équilibre de son cheval, qui par moment va se rasseoir, va remettre son cheval en équilibre, etc... Le cavalier de dressage... il va y avoir deux sortes de cavalier de dressage, il va y avoir le cavalier de dressage qui fait de la haute école, qui est bien dans sa selle et qui est léger et qui travaille son cheval avec son corps, etc.. et puis, il y a le cavalier de compétition qui est un peu plus sur le pubis, très long sur les étriers, qui est sur les pointes de pied et qui est obligé de se tenir un petit peu avec la main à la tête du cheval.

Donc, première chose, arriver à prendre des points de repère et à travailler beaucoup avec sa respiration pour positionner correctement son corps... son haut du corps et son bassin. La jambe, ça vient après. Avec les questions de morphologie, etc...

Après, quand vous êtes à cheval, ça doit se faire en deux temps :

1. Je me laisse mouvoir par mon cheval, je dois être décontracté, une position correcte, et c'est le cheval qui va ammener mes articulations à bouger pour que je me lie à lui. Ca c'est la première chose. Ce qui demande que vous soyez à l'écoute de votre corps, pour sentir comment votre cheval vous fait bouger. Il faut arriver à le sentir, parce que lorsque vous faites tel exercice, votre cheval vous fait bouger et vous met dans telle attitude.

2. Dans un deuxième temps, lorsque vous voudrez intervenir, sur les mouvements de votre cheval, sur l'équilibre de votre cheval, vous allez donner à votre corps l'attitude que va vous faire prendre le cheval quand il exécute l'exercice. Vous le faites un peu avant, votre cheval va modifier son équilibre, ce qui va faciliter l'exécution de l'exericice. Vous allez donc donner la priorité à votre corps, et donnant la priorité à votre corps, vous allez vous servir moins de vos jambes, moins de vos mains, donc vous allez garder un cheval qui va rester plus léger. On se sert trop des mains, on va avoir un cheval qui va se braquer devant, même si on est relativement fin, c'est dans l'encolure que se situent les sièges, non pas le siège des contractions, des résistances, mais c'est là qu'elles sont le plus perceptibles. Donc moins on se servira de ses mains, plus le cheval restera léger, et moins il sera tenté de se contracter dans son avant-main.

Donc, un, je cherche à prendre conscience de la façon dont mon cheval me fait bouger à cheval. C'est un peu le simulateur qui vous amène à prendre conscience de la façon dont vous fonctionnez lorsque ça bouge. Il ne s'agit pas du cheval, vous êtes à l'écoute de votre corps.

- C'est à la rigueur en fermant les yeux qu'on a le meilleur résultat ?

Absolument ! Travailler les yeux fermés est un très bon exercice. Et travailler les yeux fermés, mais pas uniquement quand on est à cheval. On peut être à terre, et s'imaginer en fermant les yeux à cheval et travailler son corps comme si on était à cheval. C'est un très bon exercice pour améliorer sa pratique équestre de monter à cheval à pied. C'est ce qu'on va essayer de faire là un peu.

Donc, un , je prends conscience de la façon dont je me pose à cheval, en arrivant à prendre des repères visuels, mais dans l'espace.

Une fois que ça, c'est acquis, bien savoir que, au niveau des jambes, je reviens un peu sur les jambes, vous devez chercher à conserver un cheval léger aux jambes. Garder un cheval léger aux jambes, cela veut dire que vos mollets ne vont pas servir à vous tenir à cheval. L'étrier ne vous sert pas non plus pour vous tenir à cheval. Donc ce qui va vous servir légèrement de point d'appui pour vous tenir à cheval, ce sont les cuisses, c'est le plat de la cuisse.

Le mollet, si on se sert du mollet, par exemple, comme dans certains enseignements, on va vous dire aujourd'hui, on écarte le genou pour garder le mollet fixe. Alors je suis comme ça. Pourquoi est ce qu'on est venu à cette position là ?  Parce que un jour on a dit : "si vous êtes comme ça et que vous bloquez le genou, vous allez avoir tendance à pivoter.

- On peut être comme ça sans bloquer le genou ?

On peut être comme ça si on est en appui sur le plat de sa cuisse et si on est posé sur les étriers et pas sur les talons. Donc à partir du moment où on est comme ça, on peut prendre appui sur la cuisse. L'appui sur l'étrier, on va la prendre si le cheval bouge un petit peu, mais on ne doit pas avoir le mollet serré. C'est ce qui permet de garder au cheval la légèreté aux jambes. Vous serrez votre mollet, c'est bien simple, je ne sais pas si ça se fait encore aujourd'hui, ça se faisait encore il y a quelques temps, l'expérience de la grenouille avec un petit truc électrique pour contracter les muscles. J'applique, ou une piqûre d'aiguille, je me pique avec une aiguille, je vais réagir. Si je laisse l'aiguille piquée, je finis par ne plus réagir. Je colle mes mollets, le cheval va peut être réagir, mais après, il ne va plus réagir. Si je garde les mollets collées, et qu'après je veux me servir des jambes, ou bien je vais serrer plus fort, et puis ça devient une épreuve de force, y'a plus de légèreté, ou alors,  j'écarte un peu le mollet et je m'en resert, mais au moment où j'écarte les mollets, je suis en perte d'équilibre puisque c'est les mollets qui me servaient à me tenir. Donc il y a quelque chose qui n'est pas...

Je n'ai pas dit que le mollet était loin. Il doit être posé de la même façon qu'un pianiste pose ses mains sur le clavier. Il effleure, mais il faut être bien conscient que pour qu'il effleure, ce n'est pas un point d'appui. C'est pas un point dont on va se servir pour tenir à cheval. Donc à ce moment-là, on tient avec la cuisse. Et il est vrai que moi, je demande souvent à mes cavaliers pour arriver à ça, de monter comme ça. C'est à dire que je leur fait emplifier quelquechose pour arriver après à ce qu'ils arrivent à une position moyenne, correcte. Le meilleur moyen d'avoir un cavalier qui effleure son cheval avec son mollet, c'est qu'il ait le mollet totalement libre. Et en étant comme ça, on porte sur les cuisses et on garde le mollet. Parce que tu peux trotter enlevé comme ça en bougeant ton mollet comme tu veux, en restant au trot enlevé, si tu es en appui sur tes cuisses. J'ai pas dit de serrer les cuisses. J'ai dit d'être en appui. C'est totalement différent. C'est là que le vocabulaire que l'on choisit est très très important. Il faut savoir répéter, parce que tu as l'impression toi, en tant qu'enseignant, d'être très clair dans ce que tu dis, et tu as des cavaliers qui vont mal comprendre. C'est l'exemple que je prend. On a dit "le genou ne doit pas être serré pour ne pas bloquer le genou quand on monte à cheval, il faut que le mollet soit fixe, donc, on écarte le genou et on bloque le mollet". Beaucoup d'enseignants disent ça. C'est en fait une déformation de quelquechose qui au départ était juste, mais qui s'est transmis oralement et qui s'est déformé.

De la même façon, on dit que le talon doit être bas, tu as des moniteurs qui te font faire comme ça, la cheville complètement cassée, la jambe complètement comme ça. Là, la cheville, elle ne travaille plus. Elle est complètement en fermeture, elle est complètement bloquée. Ca doit jouer un rôle d'amortisseur.

La position telle qu'elle est expliquée, est très claire. Le cavalier doit être assis d'aplomb, la cuisse sur son plat, les genoux liants, et en contact avec la selle. Genoux liants, ça veut dire qui peuvent bouger, liés au mouvement et en contact avec la selle. Il n'a jamais été question de dire qu'on devait les serrer.

La jambe, ça doit être quelque chose de comme ça. Elle ne doit devenir tonique que quand on veut s'en servir. Et si on regarde les grands cavaliers, les grands compétiteurs à ce niveau là, ils n'ont jamais les mollets collés, ils ont les jambes qui effleurent le cheval.

On est en dynamique ! il faut bien faire la différence entre la position telle qu'elle est expliquée dans les manuels qui est un peu statique, et la réalité de la chose qui est de la dynamique. A partir d'une position, on va avoir des attitudes différentes, en fonction de l'équitation que l'on pratique et en fonction de l'exercice que l'on va demander.

Donc, là on va y venir. J'ai maintenant étudié comment réagissait mon corps en accord avec mon cheval, mais c'est mon cheval qui me faisait bouger. Maintenant, comment est-ce que moi je vais bouger dans mon corps pour obtenir telle ou telle chose.


Au départ, le haut du corps, et si besoin de la main, j'amplifie un peu, mais c'est le haut du corps qui a au départ déterminé le mouvement. C'est dans un premier temps. Alors après, il va y avoir la jambe intérieure, mais c'est là que ça devient plus difficile et que c'est moins facile à faire à terre. A savoir que lorsque je vais vouloir que le cheval tourne correctement en s'incurvant, en améliorant l'engagement du postérieur intérieur, il va falloir que... le fait de me mettre comme ça, je vais appuyer un peu plus sur ma fesse intérieure. Mais si je veux que le postérieur intérieur s'engage un peu moins, il faut que j'allège le postérieur intérieur en avançant ma fesse (avancer fesse). Ca c'est quand même beaucoup plus difficile à faire quand on est à terre. Mais effectivement, c'est ce qu'il faut faire. Mais il faut que la fesse s'avance. La main avance aussi. C'est vrai que la main va suivre, parce que ton cheval s'incurve, donc il donne un pli à son avant-main, donc toi, tu cèdes automatiquement. Et ça peut ne pas être une question de doigts sur les rênes, ni d'avancer la main, c'est ce simple mouvement là. Mais ça c'est déjà plus difficile à faire quand on est à terre. Donc c'est pour ça que je parle essentiellement du haut du corps. Et ça vous pouvez vous entraîner à la faire tous les jours à cheval, à terre d'abord, et puis après, vous pouvez essayer de le faire à cheval. Et avec les jeunes chevaux, les poulains, ça marche extra ! Y'a vraiment rien à faire avec les mains. Ca c'est donc la première chose. Après il faut arriver à rester en inspiration, mais en respirant quand même. Il faut savoir respirer très fort à cheval. Avoir une respiration ample. Donc, puisqu'on a une expiration ample, à terme, le cheval va calquer sa respiration sur la votre, et va avoir une attitude totalement différente. C'est pareil, quand vous prenez un cheval à la longe, si vous prenez la peine de marcher, calmement, au bout d'un moment, il va avoir un pas qui va être relativement... Si vous avez un pas un peu nerveux, un peu précipité, le cheval va calquer sur vous et va avoir un pas plus précipité.

- Cela dit, on a la même fréquence respiratoire qu'un cheval ?

Non. Mais il faut effectivement... Souvent, les chevaux arrêtent de respirer quand on leur demande trop de travail. C'est là qu'il faut savoir le sentir, s'arrêter, attendre qu'il décompresse un petit peu pour repartir. Il faut être aussi à l'écoute de la respiration de son cheval. Enfin, ils ne s'arrêtent pas de respirer, mais ça devient très court, les temps d'expiration et d'inspiration, au lieu d'être très amples sont très courts. Et après, on a des chevaux qui s'ébrouent, qui tirent un peu l'encolure. On a souvent des chevaux au travail qui, tout d'un coup, se mettent à s'ébrouer et puis qui tirent un peu. C'est un signe qu'ils sont un peu contracté, qu'ils ont une respiration qui se raccourci et qui les gênent, donc ils cherchent à s'étendre pour mieux respirer. En fait, à ce moment là, quand on sent ça, bien on s'arrête, on garde le cheval immobile, et on attend et après on peut repartir dans son travail. Et on a un cheval qui reste beaucoup plus décontracté, et à l'écoute.

Donc, un je tourne.

Je veux m'arrêter. Qu'est-ce que je fais quand je marche ? Je fais ça ! A cheval, je fais la même chose. Je marche, et je dis à mon cheval je veux m'arrêter. Alors, je prend toujours l'exemple, je serre les fesses. Je serre les fesses, ça contracte un petit peu mes fessiers, allant contrarier le mouvement du cheval, et hop le cheval va s'arrêter. Si ça ne suffit, si on a un cheval qui est un peu éduqué à ce qu'on se serve de ses mains, et bien quand je fais ça avec mes fesses, j'ai le haut du corps qui se redresse, j'ai les mains qui se lèvent un peu. Et bien, j'amplifie, je prolonge un peu l'élévation de mes mains, et à partir d'un certain niveau, qui est différent pour chaque cheval, il va commencer à ralentir. Quand il commence à ralentir, je fixe mes mains, je ferme un peu les doigts et il s'arrête. Et j'ai pas tiré, j'ai juste agi sur une fermeture des doigts. Sur un cheval qui a déjà un peu d'éducation. Sur un cheval qui n'a pas d'éducation, dans la mesure où on est progressif, on ne va pas demander à un jeune poulain de s'arrêter tout de suite, on va lui demander de ralentir un petit peu le pas et progressivement, on arrivera jusqu'à l'arrêt. Et pareil, quand je veux repartir, de l'arrêt, il y a une question de force d'inertie qui fait que, le cheval, je vais lui demander de partir, je suis obligé de prendre du retard par rapport à lui. Donc, pour ne pas avoir ce retard dans mon mouvement de départ, en même temps, j'avance mon bassin. Et hop, comme ça, mon cheval part, comme sur une balançoire. Ce mouvement là du bassin, la balançoire, elle bouge. C'est pareil avec le cheval, il va le faire. Au début, s'il ne le fait pas, en même temps qu'on fait ça, on a les mollets qui se ferment un petit peu et le cheval va partir.

- Ce qui veut dire qu'on a à peu près la même gestuelle pour s'arrêter que pour repartir ?

Non, pour repartir, tu t'ouvres et tu pousses vers l'avant. Pour t'arrêter tu serres les fesses. Pour repartir tu fais ça. Dans un cas, c'est les fesses, dans l'autre cas, c'est les hanches. De l'importance, au début, de bien rester lié à son cheval sans vouloir intervenir. Je porte un bébé sur mon dos, le bébé dort, il se laisse donc aller, il se lie à moi, donc je vais pouvoir marcher, faire autant de kilomètres que je veux sans problème. Le bébé se réveille et commence à bouger, à regarder à droite et à gauche, il va me gêner. A partir du moment où il me gêne, je deviens tout de suite fatigué. Pareil avec un cheval. Si on n'est pas lié à lui, le cheval va faire des efforts, va se fatiguer, va se  contracter, et ça va être plus difficile pour obtenir de sa part un travail dans la légèreté. Donc, lorsque vous allez vouloir demander quelque chose à votre cheval, il va s'agir de contrarier le cheval dans son mouvement, il va falloir donner à son corps une certaine attitude et un certain fonctionnement pour que le cheval copie sur nous et que cette modification dans son fonctionnement musculaire et articulaire l'amène à faire l'exercice qu'on lui propose.

- C'est la mise en oeuvre qui est difficile....

Oui, c'est pour ça qu'il est très important de travailler à pied, parce que effectivement, les 3/4 des gens disent "dans la théorie, c'est facile, dans la pratique, on a du mal" et ce mal vient de ce que les gens ne sont pas à l'écoute de leur corps à cheval.

Bon, alors là, on a vu le mouvement corporel dans le mouvement sur la ligne droite et sur le cercle. Juste une chose, j'ai parlé du départ au pas, du départ au trot. Départ au pas, départ au trot, c'est pareil, je reviens sur l'équitation des manuels, action des deux jambes. C'est le résultat d'une éducation du cheval. C'est à dire que naturellement, un cheval, on ferme les deux jambes, mis à part le fait que ça le gêne, on voit pas pourquoi il partirait au pas ou au trot. Par contre, si je veux demander à un cheval d'allonger dans une allure, là, je ne vais pas me servir de mes deux jambes, je vais me servir en alternance d'une jambe, puis de l'autre. Pourquoi ? Je reviens à mon expérience de l'écorché de grenouille. J'excite le muscle, il se raccourcit. Pour améliorer l'engagement, il faut que les muscles abdominaux qui sont à l'origine de l'avancée du postérieur se raccourcissent. C'est la mécanique équestre musculaire très fortement simplifiée. L'action de la jambe va se faire au moment où le cheval quitte l'appui, au moment, où il fait ça (image appui). Mais ton cheval, il avance un postérieur, puis il avance l'autre. Donc les jambes ne vont pas agir toutes les deux en même temps. L'une puis l'autre. Ce qui demande, toujours la même chose, d'être à l'écoute de son corps, parce que comment sentir que le cheval lève son postérieur si ce n'est en sachant ce qui se passe, le mouvement que l'élévation du postérieur provoque chez le cavalier. Si l'on a appris au cavalier à être à l'écoute de son corps, c'est très facile de sentir à quel moment le postérieur se lève.

- Moi, les allongements, je ne les obtiens pas comme ça. Les allongements, je les obtiens avec l'assiette.

C'est pareil. A partir partir du moment où tu va faire ça, tu vas amplifier comme ça et comme ça. A partir du moment où j'amplifie, j'ouvre mieux ma hanche, j'ai le genou qui se ferme un petit peu, j'ai la cuisse qui se ferme un petit peu, j'ai le mollet qui se rapproche. Il faut que tu t'étudie. Même si, consciamment, c'est pas le mollet qui agit, je suis tout à fait d'accord, là ça commence à la fesse, mais ça descend jusqu'au mollet et au niveau du mollet, il y a une différence entre le moment où la fesse fait ça, où elle agit, et le moment où elle ne fait rien.

- Le mouvements alternés gauche/droite, je les utilise plus pour les allures rassemblées.

C'est pareil. La différence entre une allure rassemblée et une allure étendue, c'est tout simplement l'orientation du mouvement. Dans une allure étendue, c'est vers l'avant. Dans une allure rassemblée, c'est vers le haut. Mais cette alternance tu l'as de la même façon. L'une est vers l'avant, l'autre est plus vers le haut. Dans un cas, tu vas alterner pour monter ton cheval, dans un cas, tu vas alterner comme ça pour le faire avancer. Mais ça reste de l'alternance. Parce que ton cheval, je suis désolé, il n'avance pas comme ça.

- Et pour passer au trot, je recule les deux jambes.

Non, moi je serre les fesses. Par contre, je recule les deux jambes au moment où je passe au reculer. Parce que quand je recule, Je me suis arrêté comme ça (arrêt), en me tassant sur mon anus. Pour reculer, je vais passer un peu sur mon pubis, donc je vais basculer un peu vers l'avant, je vais remettre un petit peu un transfert de poids devant, sans me coucher en avant et sans sortir les fesses. Je passe un peu sur mon pubis, donc, mes mollets reculent, je ferme mes jambes, et le cheval recule. Parce que si on revient sur l'action des jambes, la jambe va agir sur une plage en distance assez grande, toujours les muscles abdominaux. Deux points mobiles : le sternum et la hanche. Quand tu agis, il y a un point qui devient fixe et l'autre mobile. Si j'agit avec ma jambe en avant, plus vers le sternum, le point fixe va devenir le sternum, et je vais engager le postérieur. Si j'agis en reculant mes jambes, le point fixe va devenir les hanches, les muscles abdominaux vont agir plus comme ça (image ci-dessus) et donc, je vais avoir le reculer. Donc reculer un peu tes jambes pour demander à ton cheval de reculer, c'est pour faciliter le travail, et dégager le rein aussi. Après tu peux faire n'importe quoi. Je veux dire, tu peux éduquer ton cheval comme tu veux. Tu peux faire un dressage pour apprendre n'importe quoi. Ou bien tu as un code qui résulte du dressage, qui peut être un code tel qu'on le trouve dans le cirque pour mettre les chevaux en liberté, ou alors tu as un code qui utilise le mouvement du cheval et ça va te permettre de conserver plus facilement ton cheval dans son intégrité physique.

- Et le départ au pas sur une demande unilatérale d'une jambe ?

Si on veut que le cheval parte plus sur un postérieur que sur l'autre, on va se servir des deux jambes, avec dominance peut être d'une jambe, et avancer la fesse en même temps. Par ce que pour qu'un postérieur parte avant l'autre, il faut l'alléger. C'est comme dans le départ au galop. Tout à l'heure Claude nous parlait du cheval qui galopait à gauche, un cheval qui galoppe à droite, il a le latéral droit qui est toujours en avance sur le latéral gauche. visuellement parlant. Si on détaille les posers, ce n'est pas le cas, mais visuellement parlant, un cheval qui galope à droite est un cheval qui a le latéral droit qui est toujours en avance du latéral gauche. Donc, pour mettre mon cheval au galop à droite, c'est le mettre dans un équilibre qui favorise l'avancée du latéral droit. C'est donc alourdir le latéral gauche, et alléger d'autant le latéral droit. Donc, à partir d'une position droite, je vais faire ça. Je vais donc allonger ma jambe gauche, et, en l'allongeant, en tirant sur ma cuisse, elle va se reculer légèrement, parce que les angles articulaires vont plus se fermer. Cest pas, comme on voit beaucoup, ça. Et deuxièmement, je vais demander à mon cheval le départ. Une fois qu'il a répondu à ma modification d'équilibre, qu'il a alourdi le latéral extérieur, je vais lui demander d'avancer le latéral intérieur, donc le postérieur intérieur. Donc, qu'est ce que je vais faire ? Avancer la fesse, pousser la fesse, action de la jambe, et c'est ça qui va déterminer le départ au galop de mon cheval. C'est pas une action de main, c'est rien. C'est je me vrille un peu dans ma selle, et toc, je demande le départ. On allège le postérieur et on l'invite à partir comme ça.

Dernière mise à jour : ( 30-07-2006 )
 
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