Equideos - La gourme
Retour au box ! arrow Soins et Maladies arrow La gourme 07-09-2008
 
     
 
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La gourme Version imprimable Suggérer par mail

gourme3La gourme est une infection bactérienne extrêmement contagieuse dont on entend souvent parler.

Mais, peut-être comme moi, en aviez-vous souvent entendu parler, mais ne l'avez-vous jamais rencontré en "vrai" ! Tant mieux !

J'ai malheureusement eu l'occasion récente de croiser un poulain atteint de manière impressionnante.

Alors après quelques recherches je vous livre ce que j'ai pu apprendre à de cette maladie.

Si toutefois l'un de vos chevaux présentait quelques symptômes que ce soit, n'oubliez pas d'appeler votre vétérinaire ! Il vaut mieux une consultation de trop qu'une de moins !

Mais qui est le coupable ?

gourme4La gourme est causée par une bactérie, streptococcus equi (S. Equi) que l'on appelle famillièrement le streptocoque de la gourme.

La bactérie est responsable d'une infection extrêmement contagieuse chez les équidés.

Elle peut toucher tous les chevaux, mais on la retrouve plus particulièrement chez les chevaux de moins de 5 ans et plus particulièrement chez les poulains sevrés ou les chevaux d'un an élevés en groupe.

Jusqu'à environ 4 mois, le poulain est immunisé par le colostrum de la mère.

L'infection peut se transmettre soit par contact direct entre les animaux, soit de manière indirecte, par l'intermédiaire du milieu contaminé (boxe, mangeoire, voire les mouches, etc...).

La bactérie se maintient par les chevaux porteurs, mais ne survit pas plus de 6 à 8 semaines dans l'environnement.

thumb_gourme2Et ça donne quoi la gourme ?

Les signes apparaissent entre 3 et 14 jours après la mise en contact.

On constate d'abord les signes d'une infection généralisée, à savoir de l'abattement, une perte d'appétit et de la fièvre.

Puis, il y a apparition d'un jetage qui sera d'abord muqueux, puis deviendra grumeuleux et purulent au fur et à mesure que la maladie évoluera.

On constatera également une toux, souvent faible. L'oedème entre les mandibules sera accompagné d'une enflure des ganglions lymphatiques sous-maxillaires.

Le cheval prendra une position antalgique, la tête basse en extension.

La maladie progressera avec le développement d'abcès dans les ganglions lymphatiques. Ces abcès crèvent de manière naturelle entre 7 at 14 jours après, libérant ainsi un pus extrêmement contaminé par la bactérie.

Parfois, l'évolution est atypique. La maladie sera alors brève et bégnine et il n'y aura, la plupart du temps, pas d'abcès. On trouve cette évolution plus particulièrement chez les chevaux âgés. Elle est souvent liée à une immunité partielle ou une bactérie moins virulente.

Dans 2% des cas, le pronostic vital est en jeu, pas à cause de la gourme en elle-même, mais de ses complications.

gourme1Et ces complications, c'est quoi ?

Il y a deux sortes de complications qui mettent en jeu le pronostic vital :

  • Dans certains cas, la gourme se généralise, c'est-à-dire que les abcès vont s'étendre à d'autres organes comme d'autres ganglion ou vers le cerveau.
  • La gourme peut également entraîner un purpura hémorragique. Il s'agit d'une inflammation des vaisseaux sanguins périphériques qui va entraîner l'apparition de pétéchies et d'un oedème étendu de la tête et des membres.

D'autres complications ne mettent pas en jeu le pronostic vital :

  • La myocardite est une inflammation du muscle cardiaque qui est une complication très rare de la gourme.
  • L'anasarque est une inflammation des tissus sous-cutanés qui est également peu fréquente.
  • L'hémiplégie pharyngée est une paralysie de certains muscles du larynx que l'on appelle aussi "cornage".
  • L'anémie est une diminution du taux de globules rouges.
  • L'empyème des poches gutturales est une complication dans laquelle les poches gutturales sont remplies de pus. L'infection persiste et ces chevaux deviennent des porteurs sains de la gourme.

 

Oui, mais comment traiter pour éviter ces complications ?

Sur le point des traitements, les vétérinaires sont divisés. Certains pensent qu'une antibiothérapie empêcherait l'animal de développer une immunisation naturelle. Cela pourrait entraîner, ultérieurement, un risque de gourme généralisée.

Cependant, l'antibiothérapie donne souvent de bon résultat en début de maladie, mais pas à un stade avancé de la maladie, sauf complications.

Les soins locaux se composent de compresses chaudes et de cataplasme qui permettent d'accélérer la maturation des abcès.

Eviter la gourme, ce serait pas plus simple ?

Effectivement, il vaut mieux prévenir que guérir, c'est bien connu !

Tout d'abord, on peut dépister les chevaux qui sont devenus des porteurs sains, c'est-à-dire ceux qui n'ont plus de symtômes, mais qui ont toujours l'infection dans les poches gutturales.

Il faudrait normalement dépister avant l'arrivé d'un cheval et au moins trente jours après la guérison d'un animal.

Ensuite, il est maintenant possible de vacciner. Il existe deux types de vaccin :

  • Le vaccin "tué" nécessite une primo-injection et des rappels réguliers, mais peut entraîner des réactions indésirables. Il ne procure pas une protection totale, mais rend la maladie moins virulente.
  • Le vaccin "vivant atténué" est une méthode nouvelle. Il se donne par une application intra-nasale et ne doit pas être fait en même temps qu'un autre vaccin. Il faut faire attention car cette vaccination perturbe le dépistage.

La plupart des chevaux éliminent l'infection dans les trentes jours qui suivent la guérison et 75% des chevaux guéris restent immunisés pendant une longue période.

Pour éviter la propagation de la maladie, lorsqu'elle est déclarée, il y a quelques règles à respecter :

  • Mettre en quarantaine les chevaux atteints
  • Désinfecter le matériel utilisé avec les chevaux contaminés
  • Brûler la litière ou la faire composter sous une bâche (lutter contre la contamination par les mouches)
  • Désinfecter l'écurie
  • Décontaminer les pâturages, c'est-à-dire les mettre au repos pendant 4 semaines après l'infection
  • Se désinfecter en quittant les aires de quarantaine

Voilà les points essentiels à connaître sur cette maladie. Je vous rappelle qu'il ne faut surtout pas hésiter à consulter votre vétérinaire au moindre symtôme !

Dernière mise à jour : ( 14-09-2006 )
 
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