Equideos - Etude sur la bouche non contractée
Retour au box ! arrow Matériel arrow Etude sur la bouche non contractée 28-08-2008
 
     
 
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Etude sur la bouche non contractée Version imprimable Suggérer par mail

Une amie, dentiste pour "homo sapiens" de profession et cavalière de dressage, a réalisé une étude sur la bouche du cheval en rapprochant ses connaissances scientifiques professionnelles et son sentiment de cavalière. Elle nous autorisé à publier sont étude et nous l'en remercions vivement.

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Trop souvent nous faisons mal en essayant de bien faire, simplement parce que nous ignorons tout du fonctionnement physiologique et de la nature de l’organisme.

La sphère oro-faciale est symboliquement chargée d’affect et d’émotionnel : cet aspect doit rester un préalable dans toutes les relations mises en oeuvre avec la tête, et la bouche plus particulièrement.

A - Définitions

Etat neuromusculaire physiologique : état de repos ou d’activité avec une  dépense d’énergie minimale (ou économie d’énergie maximale, ou encore activité métabolique minimale).

Physiologique : ce qui est normal, naturel, fonctionnel. Ce qui n’est pas  physiologique est pathologique.

Position de repos mandibulaire : position spatiale de la mandibule, alors que tous les muscles agonistes et antagonistes qui lui sont attachés, sont en situation de repos physiologique. Cette position est spécifique à chaque individu. C’est le but final recherché par tout thérapeute. Cette position sert aussi de position de référence . Le primum non nocere est de ne pas nuire ou d’être capable de  respecter ou de retrouver cette position de repos de la mandibule.

Espace libre physiologique : espace entre les dents antagonistes, lorsque la mandibule est en position de repos.

Adaptation neuro-musculaire : dans toute activité pathologique = non physiologique, le complexe neuro-musculaire ne peut jamais aboutir à une position de repos physiologique, il dépense alors une énergie toujours supérieure à celle qui serait développée par une activité physiologique ou par une situation physiologique de repos. Quelles qu'en soient les causes (l’étiologie), ce surplus de dépense énergétique correspond à l’adaptation du système neuro- musculaire.

B- Les fonctions

Une bouche décontractée, est une bouche en position physiologique de repos, qui se définit par un ensemble de signes :

  • le désengrènement des dents ( les dents ne se touchent plus)
  • le déroulement normal des fonctions qui sont :
  • la déglutition
  • la salivation
  • la respiration

Ces fonctions doivent être physiologiquement respectées dans leur rythme et leur périodicité, et ne doivent être ni forcées, ni provoquées.

1° Déglutition :

Se décline en

a) déglutition alimentaire

Lors de la déglutition du bol alimentaire (les aliments broyés et mélangés à de la salive). La déglutition alimentaire ne représente qu’une part infime du nombre total quotidien des déglutitions salivaires et alimentaires.

b) Déglutition salivaire

C’est la fonction la plus importante de l’appareil manducateur, et c’est l’unique fonction qui amène les dents en contact (en dehors de la mastication). Elle doit s’effectuer dents en contact, pointe de la langue sur la papille rétro-incisive et écrasement du palais par la surface crâniale de la langue.

Il y a 1500 à 2000 déglutitions salivaires « fonctionnelles » par 24 heures, soit une déglutition par minute. Cette déglutition est salivaire réflexe : « salivaire » par opposition à la déglutition alimentaire, et strictement « réflexe » : personne ne doit penser à avaler la salive tout au long de la journée, ni se réveiller la nuit pour ce faire. Ce réflexe permet de déglutir chez l’homme, 1.5 litre de sécrétion salivaire par jour.

c) Mécanisme de la déglutition

Lorsque le réflexe de déglutition salivaire est enclenché, les dents mandibulaires vont parcourir l’espace libre physiologique pour venir se mettre en contact avec les dents maxillaires (dépense énergétique intense des muscles manducateurs agonistes) : ceci va avoir pour effet de stabiliser la mandibule sous le maxillaire, support mandibulaire stable permettant à la musculature linguale et pharyngienne d’évacuer le bol salivaire vers l’oesophage, tous ces mouvements étant strictement réflexes. Une fois la déglutition salivaire réflexe terminée, il y a arrêt de la contraction , et la simple gravité terrestre, aidée par les muscles manducateurs antagonistes, ramène la mandibule en position physiologique de repos (récupération métabolique des fibres musculaires agonistes et antagonistes. Et ce cycle recommence toutes les minutes.

Lorsqu’un obstacle vient perturber la réalisation fonctionnelle de ce cycle réflexe, ceci induit un travail constant des fibres musculaires, qui ne leur permet plus de retrouver une situation spatiale physiologique de repos, et donc une récupération métabolique optimale. Ceci explique la naissance des myalgies (« crampes musculaires »), plus ou moins importantes, plus ou moins supportables.

Lorsque le seuil d’adaptation de l’individu est dépassé, les douleurs s’intensifient et deviennent permanentes, ce qui finit par perturber les relations sociales (perte du sommeil réparateur, du pouvoir de concentration etc ).

2° La salivation

Production de salive par les glandes salivaires.

a) Rôle de la salive

  • dans la digestion : imprégnation du bol alimentaire, déglutition
  • dans la lubrification des muqueuses
  • équilibre biologique ( PH, ions, bactéries…)

b) Fonction physiologique caractérisée par

  • un flux normal / aux rôles ( fonctions) rempli(e)s
  • une composition adaptée au milieu et à l’individu

c) Les pathologies

Elles peuvent porter sur le flux (la quantité, trop importante = hypersalivation, ou insuffisante = hyposalivation), sur l’empêchement de déglutition, sur la composition.

3° La respiration (développement ultérieur)

C L’articulation temporo-mandibulaire

(développement ultérieur)

D La nuque : C1 (atlas), C2 axis, C3

(développement ultérieur)

Conclusion : impacts sur les relations différentes avec la bouche du cheval et l’équitation

Le serrage excessif de la muserolle, outre les perturbations respiratoires occasionnées, ne permet plus la déglutition physiologique (contraire de physiologique = pathologique) salivaire : s’écoule alors une salive épaisse et visqueuse, de mauvaise qualité due au stress, à l’angoisse, et ou à la douleur, qui est dans l’impossibilité d’être normalement déglutie.

Le métabolisme (ensemble des transformations subies dans un organisme vivant par les substances qui le constituent) de la salive peut être perturbée : ainsi, lorsque , dans la bouche on introduit différents métaux, et que ces métaux induisent une différence de potentiel, on crée un courant électrique, conduit par les électrolytes contenus dans la salive. On a donc construit une pile Volta. Ainsi, en utilisant des mors composés de métaux différents dans la bouche des chevaux, on crée un courant électrique qui est conduit par la salive et cela occasionne une hyper-salivation, les glandes salivaires du cheval répondant aux stimuli électriques, et non à la sensibilité et aux talents d’une bonne main.

D’autre part, il paraît important que la main du cavalier respecte la physiologie de la bouche du cheval, en établissant un contact doux et constant, qui laissera se dérouler les déglutitions réflexes dans leurs rythme et périodicité naturels, qui n’interviendra en jouant avec les doigts qu’à bon escient, c’est à dire uniquement lorsqu’une contraction aura été décelée, et donc uniquement pour lever cette contraction : jouer en permanence avec les doigts est agaçant pour le cheval, et crée soit une bouche trop bavarde, soit au contraire une bouche blasée (à l’identique du cheval blasé à la jambe).

La décontraction de la bouche peut gagner de la décontraction du dos et de l’arrière-main, ce qui fait dire aux ostéopathes équins que la décontraction commence par celle de l’arrière-main, ou que la décontraction vient de l’arrière. Par contre, décontracter la bouche, n’est pas une condition nécessaire et suffisante à la décontraction du dos et de l’arrière-main : à celui qui souffre d’un lumbago, vous pouvez demander de décontracter ses mâchoires, cela ne lèvera jamais les tensions du lumbago, et le dos restera contracté. Penser que la décontraction de la bouche à elle seule peut entraîner la décontraction générale du corps du cheval , relève de « l’arrangement avec les relations de cause à effets . ». Il serait plus juste de réfléchir en termes de conséquences de levée des défenses CAUSES ( imputables au cavalier) que sur la levée des défenses EFFETS ( dans l’arrière-main ).

Il faut aussi penser que le contact du mors sur les barres se fait par l’intermédiaire d’une muqueuse buccale qui repose sur de l’os lui même recouvert de périoste: des compressions excessives entraînent des lésions tissulaires plus ou moins irréversibles.Les chocs sur les dents sont très douloureux, et doivent être soigneusement évités.

Concernant la bouche, il faut pratiquer l’anthropomorphisme. 

La cession de la mâchoire démystifiée

(Les conseils du Général Decarpentry à un jeune cavalier- inédit-Page 124) :

"Lorsque le cheval est « juste » sur la main, la cession de mâchoire (action pour la mâchoire du bas, encore appelée mandibule, de céder), se présente sous la forme suivante :

° l’encolure et la tête ne modifient en rien leur position.

° la mâchoire s’entrouvre (lui permettre en ne serrant pas la muserolle) sans brusquerie, tandis que la langue remonte un instant par un mouvement analogue à celui (du déclenchement) de la déglutition (il s’agit donc de l’analogie avec le début du mouvement de langue qui initie une déglutition, celle-ci restant inaboutie), pour revenir ensuite à sa place normale, en même temps que la mâchoire se referme sans claquement de dents, ni de lèvres." (retour à la position physiologique de repos).

"Lorsqu’elle se produit ainsi, la cession de mâchoire est le signe apparent de la légèreté parfaite, et la preuve de l’exacte adaptation de l’équilibre du cheval, et de son impulsion, à l’allure et au mouvement demandés."

Obtenir une cession de mâchoire équivaut donc à vérifier physio-biomécaniquement l’hypothèse de la légèreté parfaite.

Créé par le Docteur Sylvie Anduze-Acher
Dernière mise à jour : ( 06-01-2007 )
 
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